PDA

Voir la version complète : LFLB - LSGS



Jean-Yves
23/02/2008, 16h32
J’ai un vieux rêve, un trajet qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps !

Et ce matin, justement, tout semble coller…
Le réveil n’a pas été trop brutal. En ouvrant les fenêtres, le ciel est bleue et le soleil commence tout juste à éclairer le Relais du Chat… et j’ai une journée de libre, pour une fois.

Rapide contrôle de la météo sur internet… ça paraît bon !
Coup de téléphone au club : La bête est libre !

Alors, vite, un solide petit déjeuné, de l’argent (c’est souvent utile), mes papiers d'identité, et mon vieux cartable d’écolier avec les cartes, le com****r, le manuel de vol, la planchette, le chrono, le GPS-PDA (que je me suis offert récemment). J’y tiens à ce cartable, ça fait un peut guimauve comme attachement, mais j’y tiens ! Un peu fétichiste, peut être ?
Ah, et puis des vêtements bien chauds (vraiment bien chaud) parce que là haut, ça pèle !


Tout est prêt rapidement. Je prend la moto (la circulation, vous comprenez !) et je vais au terrain. Encore peu de monde, mais le hangar et la buvette sont déjà ouverts.
Pour une mi-février, le temps est doux, et l’herbe pousse déjà drue autour des taxiways et des parkings. L’aérodrome de Chambéry Aix-les-Bains est encore calme.
Au club la secrétaire est au travail et la jolie-mignonne-monitrice est plongée dans les cartes météo. Ca tombe bien, j’ai justement besoin de faire un point météo et c’est fou le nombre de choses que j’ai toujours à lui demander, à cette monitrice !

Le baromètre est tout gentil et ne fait pas mine de vouloir se remuer. Une dépression scotchée sur la Corse nous donne un vent du 120 établi à 15 noeuds, et ça devrait rester stable pour la journée sur toute la région. Là, c’est tout bon !

Je dépose mon plan de vol LFLB - LSGS (merci à l’espace Shengen) et je fonce au hangar où m’attend une merveille, un petit bijou d’ASG 29 qui ronfle encore doucement ! Je le réveille en douceur, et je commence la routine de préparation :
Bichonner sa verrière, charger la bouteille d’oxygène, contrôle de la batterie, rapide aller-retour à la buvette pour acheter deux sandwichs (préparés à l’espagnole : pain aillé, tomate, huile d’olive, sel, poivre et jambon de pays).
Mon cartable derrière le siège, les cartes à portée de main, le PDA dans son support et branché au circuit électrique… tout baigne et c’est vite fait.

Les jeunes commencent à arriver, et les planeurs sont sortis un à un et amenés sur la piste. Le câble est tendu, le treuil mis en marche, essais de sécurité, rappel des consignes, et la journée de vol à voile peut commencer.
J’aide les autres à amener les planeurs sur la 18 L… A charge de revanche !

Un rapide pipi derrière un buisson accueillant et je fais ma prévol. Les charnières, les bielles, les gouvernes, la fixation des ailes, la pression du pneu… tout est correct. Dans la cabine, pas de truc ou de machin qui traîne. Le siège est solidement arrimé et les sangles aussi. Test des gouvernes… Tout fonctionne dans le bon sens.

Je m’installe, j’allume la batterie, le PDA, je vérifie la liberté des commandes, aérofreins rentrés, volets sur le troisième cran, les instruments fonctionnent et l’Altimètre est bien sur le QNH : 1.750 pieds.
Les instruments sont au top, vous savez. Un vario analogique et digital, un vario d’énergie totale, un radio altimètre, et un fantastique module Zander SDI, que je ne vous dit que ça !
C’est bon. On me pousse en piste. Câble attaché, essais de largage, puis contact radio avec le treuil… je suis prêt et le câble est tendu !

Et paf ! Ca démarre et ça grimpe dur. Le décollage au treuil… c’est quelque chose. A 750 pieds du sol, largage automatique, train rentré, et virage à droite vers le Mont du Chat, au plus court car l’altitude ne permet pas de fioritures.
Arrivé près de la pente, virage au Sud, en rasant la colline pour profiter de l’ascendance.
Pfiouuu ! c’est pas gagné ! Bien doux sur les commandes, l’aile près des cailloux, j’ai un petit + 0,5 + 1 qu’il faut recueillir avec délicatesse. C’est une des grandes injustices du vol de pente : Plus on est haut sur la pente et plus c’est facile. Donc plus on est bas, et plus c’est coton !
Il ne faut pas être trop gourmand, tenir la vitesse, et la dérive. J’amorce mon premier virage au vent et commence une longue série de huit qui me font progresser lentement mais régulièrement. Je caresse la fasse Nord du Mont du Chat dans toute sa longueur, du Sud au Nord, puis retour, puis du Sud au Nord à nouveau…
Le jeu est payant, en 20 minutes je frôle de mon aile le relais du Mont du Chat, et je vois enfin le lac d’Aiguebelette, de l’autre côté de la crête. J’ai gagné 5 000 pieds.

C’est maintenant que la partie devient intéressante, cap au Sud, le long de la crête, sans me faire déporter par le vent jusqu’au Mont Grelle, puis plein d’espoir, je saute la vallée pour gagner le massif de la Dent de Crolles. Je contourne le Nord du massif de la Chartreuse et gagne encore quelques centaines de pieds sur la face Nord de la “Dent”. Cette formation calcaire est vraiment impressionnante. Je reste vigilant parce que c’est un spot de parapente et la chasse n’est pas ouverte… mais il n’y a personne.

Assez tergiversé, il faut me lancer… Je dois traverser la vallée de Grenoble et c’est là que j’apprécie vraiment mon planeur. Manche en avant, volets au deuxième cran, badin à 160, je suis confiant. La pente de descente est de moins de 1,5 degrès, et j’ai “de l’eau sous la quille”. Mon ASG 29 peut le faire... il peut le faire… il va le faire… il le fait !
Cap au Nord-Est dans la vallée d’Albertville. Tout son versant Nord est sous le vent, et j’espère y trouver là aussi de bonnes ascendances de vol de pente. Attention en rentrant dans ce circuit, car les copains de Challes les Eaux sont sur leur fief et occupent souvent le terrain. Mais aujourd'hui, personne sur la pente. Ca y est, le vario redevient positif. Volet 3, badin à 110, et je fais le point. J’ai perdu 500 pieds et la reprise d’une vitesse plus calme me fait presque tout reprendre ! Je l’aime mon planeur.

Déjà la Dent d’Arcluse. J’ai de la marge, et le vario m’est favorable, alors pas de temps à perdre, j’enfile toute la vallée jusqu’à sa bifurcation vers Moutiers. Mais moi, je continue plein Nord-Est vers Megèves et le Mont d’Arbois.

De nouveau je me concentre car le passage du Massif des Houches, après Megève va demander de l’altitude et de l’attention. Il faut pouvoir passer et il ne faut pas se tromper de vallée. Je monte, je monte, je m’applique et j’arrive presque à 12 000 pieds. J’ai gagné 10 000 pieds depuis mon départ. Il fait vraiment froid, et l’oxygène est soigneusement contrôlé (Un peu, mais pas trop… ce n’est pas le moment de me soûler !)

Je laisse le Mont Blanc au Sud et survole Chamonix, je passe le col et m’approche enfin du Lac de Barberine. Je tiens le bon bout ! Je commence à voir au loin la vallée du Rhône.

Petit coup d’oeil dédaigneux au télécabine des Marecottes que je survole de haut, puis je traverse la vallée du Rhône, “fingers in the nose”… Mon planeur ne me lâche pas, et me mène vaillamment au Massif de Fully. Je vois maintenant au Nord le Cirque des Diablerets, et c’est de haut que je le laisse sur ma gauche. Mon calculateur m’a assuré que j’avais largement assez de marge pour foncer directement à ma destination.
Mon PDA me renseigne sur mon approche : 15 Nautiques, puis 12, puis 10… Sion se précise dans le fond de la vallée, et j’ai effectivement “de la marge”. 6 000 pieds de trop pour faire une prise de terrain “classique”.

Bon ! Les Suisses sont des gens accueillants et compréhensifs. Je fais un 360° de sécurité, puis je lâche les chevaux. Manche en avant dans l’axe de la vallée, volets 1, badin à 180, puis ressource “douce mais ferme”, et je tourne une boucle dans le grand ciel bleue, puis une deuxième. Oups ! l’Oxygène était trop ouvert… voilà l'origine de mon euphorie ! Je corrige le débit, et m’offre encore deux ou trois huit “paresseux” pour me remettre les idées en place et me réchauffer un peu.

3 000 pieds QNH, vertical terrain pour un passage de reconnaissance. La piste en herbe est au nord, et avec ce vent du 120 c’est la 07 L qui est en service. Le vent est toujours de 15 noeuds et bien de travers… Il va falloir soigner les manoeuvres pour faire bonne impression à la Tour de Contrôle qui m’a accepté dans le circuit.

Un virage de perte d’altitude et de sécurité (pas d’autre vélivole dans le secteur), puis intégration de la vent arrière. Diable le déport à droite est net et je dois corriger la dérive. Volets plein sortis, train sorti, contrôle de vide des ballasts (on ne sait jamais), coups d’yeux fréquents sur le point d’aboutissement. Je rentre en base. Aérofreins sortis, pratiquement face au vent. Ca n’avance pas vite, d’où le danger : Ne pas anticiper le dernier virage. Contrôle du taux de chute aux aérofreins, maintiens de la vitesse et finale avec un angle de huit degrés pour corriger la dérive. Arrondi bien doux, au ras du sol. Pour le plaisir, je rend un peu de manche en rentrant doucement les aérofreins et je m’offre un dernier plané au ras des pâquerettes.

Posé, aile au vent au sol, pas cassé… Je me désangle est sort de mon siège avec quelques crampes qui ne viennent pas ternir le plaisir de cette merveilleuse balade.

J'éteins le PDA, la batterie, referme la verrière et je quitte X-Plane en me disant que j’ai bien de la chance de posséder un tel logiciel !

Il y a plein de discussions sur ce qu’il vaut mieux faire, voler en vraie, ou sur simu, faire du VFR ou de l’IFR, apprendre sur l’un pour être plus performant sur l’autre…
Et bien, moi qui ai commencé par le vol à voile en vrai, il y a bien des années, et qui par nécessité me suis tourné vers d’autres activités je peux vous dire que je me la joue, et que je prends un immense plaisir à utiliser ce simu, avec, cerise sur le gâteau, des engins dont je n’aurait jamais rêvé à l’époque !

Alors, même s’il y a des problèmes, que le logiciel n’est pas simple, que les évolutions sont parfois surprenantes, merci ! Merci à Austin, pour son simu, merci à tous les fous qui hantent ce site avec leurs magnifiques réalisations, et merci à Windsocks qui a créé le planeur de mes rêves.

Chouchou2570
23/02/2008, 17h20
Superbe récit ! Vraiment on si croit. Si tu en as d'autres en stock ou en préparation, ne te gêne surtout pas...

Olivier

chouminou
23/02/2008, 18h59
Je plane, tu planes , nous x-planons...
Merci Jean-Yves pour cette belle histoire...
Bravo, belle plume !
Tu feras des gros bisous à la monitrice de ma part !

felix73000
04/11/2009, 18h14
Salut !
Génial ta "ptite" histoire :)
Pour petite info il n'y a pas d'activité treuil à LFLB :lol:

Je pars refaire ton vol :)

Clochette
05/11/2009, 08h40
Bonjour Jean-Yves,
Tu as droit à un grand coup de chapeau et un grand merci pour ton récit ... plus vrai que vrai et si bien raconté.
Même les grands ont envie qu'on leur raconte des histoire comme ça.
Quand on connait la région ... on apprécie d'autant plus !
Clochette
PS : Et merci à Felix73000 d'avoir remonté ce topic, que je ne connaissais pas !

Jean-Yves
05/11/2009, 14h37
Merci à tous pour vos appréciations.

En vous souhaitant autant de plaisir que j'en tire moi-même de ce simu,
Jean-Yves