Bonsoir,
Je partage ce récent rapport du BEA lu hier soir au sujet d'un incident grave intervenu à l'approche de l'aéroport de Bordeaux Mérignac en 2013 et que j'ai trouvé particulièrement intéressant sous deux aspects.
En résumé, une cellule orageuse s'est formé alors que l'A320 d'Air France arrive en approche de l'aéroport de Bordeaux Mérignac. A partir de là, une série de décisions importantes de la part de l'équipage doit être prise.
Par ailleurs, nous apprenons qu'une tierce personne se trouvait dans le cockpit: une amie co-pilote du... co-pilote. Ainsi, un rapport de force s'installe dans le cockpit entre le pilote d'une part, et les deux amis co-pilotes d'autre part. Cette tierce personne interviendra même physiquement à un moment (désarmement ou armement du PA, je ne sais plus). Ce rapport de force additionné à quelques antécédents entre les deux membres d'équipage ont poussé le pilote à faire le mauvais choix. (Traversée de la cellule orageuse=> Grêle + Cisaillement venteux => Endommagement important de l'appareil).
Du fait qu'il n'y ait pas eu d'accident (heureusement!!!), nous avons le témoignage des 3 protagonistes. Il révèle les limites du genre humain dans une réelle situation de stress, qui plus est dans un rapport de force inégal. Les responsabilités sont partagées entre les 3 acteurs. Mais il y a une faille d'ordre managériale de la part du pilote qui n'a pas su montrer au moment opportun qui était le commandant de bord, au sens propre du terme: le chef, quoi... Ce qui a développé en lui une frustration et l'a poussé du coup à "faire n'importe quoi".
Eh oui, les pilotes aussi ne sont que des humains!!
Pour l'anecdote, le pilote était arrivé le matin-même en retard pour cause de bouchon routier. C'est donc le co-pilote qui s'est retrouvé à gérer la première rotation. Le pilote explique dans le rapport qu'il n'a jamais eu le sentiment de reprendre son rôle de commandant de bord sur les rotations suivantes.
Le deuxième aspect intéressant à cet incident est une histoire d'hommes et de femmes qui ont été sauvé par... La machine.... En Effet, ce sont les systèmes de protection de vol de l'A320 qui ont permis à l'équipage et leurs passagers de se sortir de cette situation. Il est intéressant d'ailleurs de lire la description technique faite par le BEA de ces protections: c'est un parfait complément à la compréhension de la "philosophie" Airbus décryptée dans le Hors-Série de Micro-Sim du mois de décembre....(Enclenchement de l'Alpha-Floor, notamment)
Enfin, je me suis rendu compte à travers ce rapport de la part de responsabilité et de l'importance des choix que les équipages peuvent avoir quelquefois à effectuer. J'avoue qu'avec l'évolution des équipements d'aide à la navigation aéronautique, les avancées technologiques et la robotisation annoncée des aéronefs de demain, j'avais du mal à situer "la noblesse" actuelle du métier de pilote et co-pilote d'avions commerciaux. C'est chose faite....
Bons vols et gare aux orages!!!!
Le rapport: https://www.bea.aero/fileadmin/docum...f-ni130802.pdf
Je partage ce récent rapport du BEA lu hier soir au sujet d'un incident grave intervenu à l'approche de l'aéroport de Bordeaux Mérignac en 2013 et que j'ai trouvé particulièrement intéressant sous deux aspects.
En résumé, une cellule orageuse s'est formé alors que l'A320 d'Air France arrive en approche de l'aéroport de Bordeaux Mérignac. A partir de là, une série de décisions importantes de la part de l'équipage doit être prise.
Par ailleurs, nous apprenons qu'une tierce personne se trouvait dans le cockpit: une amie co-pilote du... co-pilote. Ainsi, un rapport de force s'installe dans le cockpit entre le pilote d'une part, et les deux amis co-pilotes d'autre part. Cette tierce personne interviendra même physiquement à un moment (désarmement ou armement du PA, je ne sais plus). Ce rapport de force additionné à quelques antécédents entre les deux membres d'équipage ont poussé le pilote à faire le mauvais choix. (Traversée de la cellule orageuse=> Grêle + Cisaillement venteux => Endommagement important de l'appareil).
Du fait qu'il n'y ait pas eu d'accident (heureusement!!!), nous avons le témoignage des 3 protagonistes. Il révèle les limites du genre humain dans une réelle situation de stress, qui plus est dans un rapport de force inégal. Les responsabilités sont partagées entre les 3 acteurs. Mais il y a une faille d'ordre managériale de la part du pilote qui n'a pas su montrer au moment opportun qui était le commandant de bord, au sens propre du terme: le chef, quoi... Ce qui a développé en lui une frustration et l'a poussé du coup à "faire n'importe quoi".
Eh oui, les pilotes aussi ne sont que des humains!!
Pour l'anecdote, le pilote était arrivé le matin-même en retard pour cause de bouchon routier. C'est donc le co-pilote qui s'est retrouvé à gérer la première rotation. Le pilote explique dans le rapport qu'il n'a jamais eu le sentiment de reprendre son rôle de commandant de bord sur les rotations suivantes.
Le deuxième aspect intéressant à cet incident est une histoire d'hommes et de femmes qui ont été sauvé par... La machine.... En Effet, ce sont les systèmes de protection de vol de l'A320 qui ont permis à l'équipage et leurs passagers de se sortir de cette situation. Il est intéressant d'ailleurs de lire la description technique faite par le BEA de ces protections: c'est un parfait complément à la compréhension de la "philosophie" Airbus décryptée dans le Hors-Série de Micro-Sim du mois de décembre....(Enclenchement de l'Alpha-Floor, notamment)
Enfin, je me suis rendu compte à travers ce rapport de la part de responsabilité et de l'importance des choix que les équipages peuvent avoir quelquefois à effectuer. J'avoue qu'avec l'évolution des équipements d'aide à la navigation aéronautique, les avancées technologiques et la robotisation annoncée des aéronefs de demain, j'avais du mal à situer "la noblesse" actuelle du métier de pilote et co-pilote d'avions commerciaux. C'est chose faite....
Bons vols et gare aux orages!!!!
Le rapport: https://www.bea.aero/fileadmin/docum...f-ni130802.pdf
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